Le partage des pouvoirs administratifs entre le Président de la République et le Premier ministre
La Constitution de 1958 organise un partage des pouvoirs administratifs : le Premier ministre est le titulaire principal du pouvoir réglementaire et de nomination (art. 20 et 21 C), tandis que le Président signe les décrets en Conseil des ministres et nomme aux grands emplois de l'État (art. 13 C). Depuis la révision de 2008, certaines nominations présidentielles sont soumises à l'avis des commissions parlementaires, avec un droit de veto à la majorité des 3/5e.
Le partage des pouvoirs administratifs entre le Président de la République et le Premier ministre
Principe : la prééminence du Premier ministre
L'article 20 de la Constitution de 1958 dispose que le Gouvernement « dispose de l'administration ». L'administration est donc subordonnée au Gouvernement et tenue d'exécuter ses décisions.
Le Premier ministre, en tant que chef du Gouvernement : - Nomme aux emplois civils et militaires (sous réserve des prérogatives du Président, art. 13 C) - Exerce le pouvoir réglementaire de droit commun
Les compétences administratives du Président de la République
Pouvoir réglementaire
- Le Président signe les ordonnances et les décrets délibérés en Conseil des ministres
- Question du droit de veto : lors de la première cohabitation (1986-1988), François Mitterrand a refusé de signer certaines ordonnances. Le Conseil des ministres ne peut contraindre le Président à signer.
Pouvoir de nomination (art. 13 C)
- Le Président nomme à certains emplois civils et militaires de l'État précisés par l'article 13 et par une loi organique
- Exemples : conseillers d'État, conseillers maîtres à la Cour des comptes, ambassadeurs, recteurs d'académie, préfets
- Ce n'est pas un pouvoir propre : le Premier ministre doit contresigner ces actes de nomination
La réforme de 2008 : encadrement du pouvoir de nomination
- Révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 : nouvelle rédaction de l'article 13 C
- Pour les emplois essentiels pour la garantie des droits et libertés ou la vie économique et sociale de la Nation :
- Nomination après avis public de la commission permanente compétente de chaque assemblée parlementaire
- Droit de veto des commissions : nomination impossible en cas de vote négatif à la majorité des 3/5e
- Lois organique et ordinaire du 23 juillet 2010 : détermination des emplois concernés